novembre 5, 2009 3

Les courses assistées par ordinateur… test …

By in hardware, la vraie vie

Derriere ce titre fort peu poétique se cache une réalité tout aussi tordue…

Le geek qui (ne) sommeille (pas du tout) en moi s’est senti tout chose en arrivant ce soir chez Edourard L., le petit épicier du coin, mais si, vous savez bien celui avec un grand ‘L‘.

En effet, j’ai pu inaugurer l’utilisation de leur système ‘Scan Achat’. Le principe, pour les retardataires , existe depuis quelques années déja aux USA et au Royaume Uni (2002 pour cet article), et est quand même une petite révolution.

Pourquoi ?

Plusieurs raison à mon gout.

  1. D’un point de vue purement commercial, si ce ‘scanneur’ est, d’une quelconque manière, associé à une base de données client, il permettrait (j’ai relu les CGU encore une fois à l’instant, rien n’est stipulé à ce sujet …) de coupler mon compte ‘client carte Leclerc’ à mes achats, pour ensuite utiliser ces informations croisées pour du ciblage d’une précision unique. Je suis sûr de ne pas faire dans la science fiction en affirmant que la grande distribution tiens là le meilleur outil de marketing direct qui existe. Là, il n’est plus question de spéculation, on data-mine , on croise, on affine la granularité et *pouf ! On obtient là cible parfaite.
  2. Le consommateur, et là c’est du vécu, maitrise complètement sa consommation a venir.  La photo ci-contre est la pour en attester : vous savez en temps réel quel est le montant de votre caddie. Vraiment génial.
  3. Révolution de l’emploi. Sans vouloir tomber dans l’economico-politique de comptoir, je m’interroge quant à l’avenir des emplois que la douchette remplace à merveille : les hôtes/hôtesses de caisse. En passant en caisse ce soir, une jeune femme m’attendait, en baillant royalement. Elle a regardé mon caddie, pris la douchette, a admis que j’avais de la chance de ne pas être tombé sur le contrôle de routine (apparemment le système  requiert des contrôles aléatoires pour vérifier la bonne foi des consommateurs), m’a fait payer et m’a dit au revoir. Mais a ce rythme là, pour une seule caissière, on peut multiplier de manière, j’en suis sur, impressionnante, le nombre de passages en caisses. Plus de passage sur une seule, ne voudrait-ce pas dire moins de caisses ? Je vous laisse débattre.
  4. Autre aspect de cette révolution, l’aspect comportemental. Je ne suis pas sûr de l’impact que cela pourrait avoir sur le paysage de nos supermarchés, mais je suis sûr d’une chose : j’ai été nettement plus attentif a tout ce que j’ai pris en main et scanné ce soir. Mon regard s’est nettement moins ‘perdu’ dans le ‘buzz’ visuel généré par les couleurs, les lumières, bref , l’environnement dans lequel j’ai évolué ce soir. Que cela soit bon ou mauvais, je ne doute pas que les publicitaires et les commercants aient a revoir leur stratégie marketing/plv …

La sacro-sainte douchette

Si jamais vous vous demandez ce qu’un tel article fait dans un blog à caractère hautement web, la réponse est très simple; en reprenant le point 2 de la liste ci-dessus, on peut très bien imaginer un système relationnel complet et complexe entre la vraie vie et votre identité numérique. Et c’est là toute la puissance d’un tel outil : il est bien connu que le e commerce ne sera jamais qu’une extension du commerce irl; et qu’a ce titre, c’est la grande distribution qui a de quoi étendre les capacités du e commerce, avec ce type d’outils. La transmission en temps réel d’informations de consommation à des services numérique de couponning/ des régies publicitaires, promet de grand moments de consommation…

Et vous, qu’en pensez vous ?

3 Responses to “Les courses assistées par ordinateur… test …”

  1. Ben Waugh dit :

    I found your site on technorati and read a few of your other posts. Keep up the good work. I just added your RSS feed to my Google News Reader. Looking forward to reading more from you down the road!

  2. Dr Fromschool dit :

    Bien sûr qu’ils vont tout croiser et analyser avec de super models de datamining. Ils le faisaient déjà avant… quand tu passais ta carte en caisse.
    Mais là ils peuvent identifier ton parcours de circulation dans le magasin (et donc des modèles de mise en avant des produits etc.)
    Mais moi qui suis un irréductible Gaulois, tu penses bien que les cartes de fidélité j’en ai autant que de profil communautaires… bien peu.
    Il restera des caissières tant que tout le monde n’aura pas de carte de fidélité…
    Pour méditer sur le système fidélisant des cartes, lorsque j’ai fait des entretiens consommateurs j’ai quand même une personne qui m’a déclaré : “je suis fidèle, j’ai les cartes de fidélité Sephora, Marionnaud, Nocibé et Yves Rocher”…
    La carte n’est plus perçue comme un avantage fidélisant, mais bien comme un avantage commerçant : dans ton cas pouvoir éviter le monde en caisse.
    Mais bon n’est-ce pas bientôt dépassé avec les technologies RFID…

  3. pixelboy dit :

    @Dr Fromschool : la carte de fidélité, c’est ici le seul moyen de tracker l’usager finalement, et c’est à mon avis une étape qui va bien vite laisser place à autre chose. A commencer par le tracking anonyme. Mettre à disposition des consommateurs ce mode de magasinage (j’emprunte l’expression à nos amis canadiens, ils ne m’en voudront pas) sans pour autant pouvoir mettre une identité sur chaque comportement est déjà une belle étape en soi. Et éviterai justement de tomber dans le ‘Big Brother’ d’Orwell, dont nous sommes, tout français que nous sommes, fortement allergiques.
    Quant à la RFID, même combat. D’un point de vue utilisateur, le ‘flicage’ sous entendu par cette techno sera confronté aux mêmes utilisateurs soucieux de leur indépendance comportementale, leur anonymat numérique. Ceci dit, quant aux réfléchis aux possibilités permises par cette techno, j’en ai le vertige…

Leave a Reply