novembre 12, 2009 1

Identité numérique, état de l’art.

By in Web

Plus qu’un concept, l’identité numérique est aujourd’hui une véritable question de fond, et un enjeu majeur pour le web de demain, souvent décrit comme plus juste, et plus respectueux des individus.

Avec le développement des réseaux sociaux, du web 2.0 (que je hais ce terme…), de l’asynchrone (base de données, connexions…), on à pu assister à l’émergence de ce concept d’identité numérique.

Mais comment définir en fait votre identité numérique ? Contrairement à votre ‘simple’ identité civile, repertoriée sur une carte et dans une bdd, accessible (du moins je l’espere) aux seules autorités compétentes, votre e-dentity fait preuve de facettes aussi nombreuses qu’imprévisibles.

Du simple pseudo/mot de passe, avatar,  en passant par les kilomètres de groupes, forums, auxquels vous avez pu adhérer, en passant par les données sensibles stockées de manière plus ou moins bien sécurisée sur différents serveurs distants, tous ces éléments constituent votre identité numérique.

Si ce concept peut sembler, de prime abord, tiré par les cheveux et excessif, il n’en est pas moins une préoccupation véritable, fondée. La preuve par les lois, avec cette proposition datée du 6 novembre dernier : http://www.senat.fr/leg/ppl09-093.html, proposition visant à mieux garantir le droit à la vie privée à l’heure du numérique.

On n’évolue plus aujourd’hui dans cette dimension décrite à une époque (pas si lointaine) dans laquelle seule de petits hackers boutonneux pouvaient, dopés au cola, accéder à ces données si précieuses. Non, aujourd’hui, un simple passage sur http://www.123people.fr/ ou http://www.samepoint.com/ (plus orienté contenu qu’utilisateurs, mais l’un n’allant pas sans l’autre…) vous permet de commencer à mener une enquête approfondie sur la personne de votre choix.

Le phénomène de convergence numérique est en effet, et ce de manière ‘innavouée’, synonyme de convergence de données. Où que vous soyez, si vous utilisez une application dite ‘asynchrone’, l’ensemble des actions que vous pourrez y effectuer, même hors connexion, seront imméditement transférées une fois votre connexion internet récupérée. Cette technique, outre les avantages liés à la transparence de votre application à l’égard de sa dépendance pour le web, permet de ‘tracker’ la moindre de vos actions pour ensuite les ‘chuchotter’ discrètement au fournisseur du service/logiciel.  Tout ça pour dire que votre identité numérique ne dépend plus aujourd’hui que de vos actes sur le net, mais également de vos habitudes matérielles ET logicielles.

Cette extreme convergence de données utilisateurs, au delà du fait qu’elle contribue à vous forger une e-dentity toujours plus précise, contribue également à rendre sa maitrise toujours plus complexe et obscure pour les utilisateurs banals.

Comment dès lors, rester seul maitre à bord ?

Si les marques et entreprises ont bien compris le concept et tentent de maitriser leur e-reputation (concept d’ailleurs considéré comme ‘orphelin’ sur la wiki francaise), les individus, eux, restent nettement moins avertis, alors même que les enjeux sont tout au moins aussi importants.

Connaissez vous le concept d’egosurfing (ou egogoogling) ? Avec la puissance accrue des moteurs de recherche (le géant Google en tête), la moindre donnée vous concernant est indexée et donc facilement retrouvée. Et si vous pouvez vous ‘googler’, qu’est ce qui vous dit que votre actuel/futur employeur/petit(e)-ami(e) (…) n’en fera pas autant ?

Votre e-reputation, c’est ça :

la somme de toutes les données agrégées renvoyées par l’ensemble des moyens de recherche et de collecte d’informations à caractère personnel, professionnel, sentimental… bref, toutes les facettes de votre alter-ego numérique, ses traces, dires, pensées, interventions, gouts…

Cette profusion me force à conclure que les moyens mis à disposition des iternautes, aujourd’hui, pour rester maitres de leur e-dentity sont pour aussi simples que ridicules : éviter purement et simplement d’utiliser son identité sur le net. Radical, mais efficace. Éviter toute trace, tout réseau social, toute intervention sur un newsgroup ou un forum qui pourrait, d’une manière ou d’une autre, permettre d’associer votre pseudo à votre identité civile. L’ingéniosité de nouveaux moteurs de recherche en matière de  croisement de données  ne vous laissera de toute facon que peu de chance de cacher votre véritable identité.

Deuxième degré de gestion de votre e-reputation/e-dentity, votre parfaite connaissance des tenants et aboutissants de votre présence sur les différents espaces d’expressions/de présence qui s’offrent à vous sur le net. Le moindre mot, la moindre image, sera fatalement un pan de votre identité numérique. A vous donc, d’en assumer la présence, ou pas. Mais toujours en connaissance de cause.

Dernier bastion (gratuit) pour la gestion de votre alter ego numérique, et là, on touche pour le moment au domaine de l’anticipation, la garantie et la mise à disposition claire par les différents fournisseurs de sites/services/applications multiplateformes d’une gamme d’options destinées justement à cette gestion.

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One Response to “Identité numérique, état de l’art.”

  1. Dr Fromschool dit :

    Sur ce sujet, LeMonde.fr vient de publier un article qui explique comment rattraper son identité numérique… je vous laisse lire
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/11/23/les-nettoyeurs-du-net_1270862_651865.html

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